Une homme moyen, de taille moyenne, au QI moyen, au volant d’un cabriolet moyen. Il ressemble à s’y méprendre à une vache de race Normande moyenne.
Et la nuit dernière il rentrait chez lui, avec son GPS, l'orientation et lui ça fait cinq ;
"J’ai l’habitude de sélectionner le trajet moyen, un bon compromis entre la longueur du trajet et le temps parcouru"
Mais tout ne s’est pas exactement prévu....
"Il n’y avait qu’un itinéraire disponible, meuh il indiquait 225 millions de kilomètres... Je l’ai quand meuh sélectionné car y’avait pas d’autres. Et pis je fais confiance à mon GPS..."
Au volant de son cabriolet, la Vache sent bien que quelque chose ne tourne pas rond. Les heures passent mais il n’est toujours pas de retour à la maison.
"Il faisait froid, et pour ne rien arranger mon toit ouvrant a cessé de se fermeuh. Des engins bizarres sont apparus dans lon champ de vision. C’était comme un échangeur d'autoroute, sauf que les véhicules planaient silencieusement. De l’autre côté du péage il n’y avait plus rien."
Devant l'accablante irréalité, notre Vache décide de faire une dodo-pause. Mais au réveil, rien n’a changé. Pire encore, il n’y avait plus rien de visible à perte de vue. Seulement un grand phare éblouissant à intervalles réguliers...
"C’était plutôt troublant. Cette grande lumière à ma poursuite disparaissait avant de revenir, sans jamais s'approcher réellement. Elle était aveuglante meuh n'éclairait rien autour, à part un point bleu, comme une vision sortie de nulle part. Et puis à chaque fois qu’elle réapparaissait j’étais victime de cuisants coups de chaud. C’était peut-être qu’elle me faisait paniquer..."
Dans l'incompréhension, la Vache tente de régler le GPS. Mais plus rien ne répond.
"Internet ne fonctionnait plus. Le mode hors-ligne du GPS s'était arrêté à 3000 kilomètres du point de départ, meuh je n’y croyais pas, il devait s’agir d’un petit problème technique... Puis les heures ont défilé, puis les jours et les mois. Autour de moi c'était la nuit. La nuit totale. Le néant. 1Plus aucun éclairage, je ne voyais plus rien au point que j’ai du descendre de la voiture pour vérifier que meuh phares fonctionnaient encore. D’ailleurs c’était le cas, ils fonctionnaient ! Il y avait toujours ce chauffeur encombrant derrière qui pointait le museau de temps en temps, meuh il s'éloignait, lentement !"
Après des mois de dérive dans le noir absolu, la Vache se souvient :
"J’ai failli heurter comme un énorme cailloux lumineux. Ça je m’en souviens bien. Ça m’a fait un choc, car j’étais comme plongé dans un sommeil sans fin, une hibernation. Les yeux fermés, les yeux ouverts c’est du pareil au meuh !"
Puis la délivrance, enfin presque...
Après des mois en déperdition, la Vache croit apercevoir un signe porteur d'espoir :
"C’était une lueur d'espoir ! Un point devant moi, grandissant de semaine en semaine. Ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais vu dans ma vie. À part les étoiles qui dessinent discrètement mon sombre paysage, et qui me rappelaient parfois la carte du ciel le soir quand insouciamment je broutais mon herbe, cette perle rougeâtre ne m'était pas familière... Meuh ça ressemblait tout de même à quelque chose et c’était plaisant, comme un nouvel ami dans le froid tout noir, aux confins de l’hiver. Cet ami rouge était comme une petite graine qui oubliait de germer meuh ne cessait plus de grandir !"
Bientôt, la Vache entrera en contact avec la graine :
"Ça ne ressemblait pas à mon quartier. Ni à mon pays d’ailleurs, qui est tout vert. Meuh ça tapissait tout mon champ de vision. Au point que devant je ne voyais que ça alors que derrière il n’y avait rien, hormis mon lent poursuivant lumineux... Et soudain tout s’est accéléré... J’étais presque aspiré par cette chose rouge qui n’était plus du tout l’ami que je pensais. J’ai du déployer le parachute de la voiture pour ralentir cette vitesse de folie !"
Après des heures de secousses et quelques pertes de connaissance, la Vache touche la terre, mais il manque un T majuscule...
"J’ai beaucoup toussé. Et puis j’ai repris mes esprits. J’étais tout de meuh heureux d’être arrivé, même si c’était pas chez moi. C’était tout rouge ! Il n’y avait rien à ruminer dans le coin, sinon de la matière sèche et des températures peu accueillantes, quoique moins désagréable que sur cette route dont la pénombre ne me manque pas !"
Une chose est sûre désormais. Nous ne sommes pas certains d’avoir rencontré des petits hommes verts sur la planète rouge, désormais on pourra dire que nous y avons vu une Vache.