Entre la poussée, les secousses, et puis les changements d'altitude, pas le choix, au décollage, le petit Loupiotte, bibiche au caramel, ferme toujours les yeux car de son point de vue, l’avion est un gros monstre qui avale les passagers et les digère bizarrement dans les airs.
Il avait choisi la place du mort. Vous savez, juste derrière l’aile gauche. Le siège 17A quoi, tout près du hublot c’est vrai, mais un violent torticolis était tout de même à prévoir pour yeuter trois nuage au-dessus des Pyrénées.
Il n’a pas vu les Pyrénées. Ni les nuages. C’est parce que le ciel étaut dégagé, rien d'anormal donc. Néanmoins, l'horizon à la verticale, pour le coup c’était plutôt anormal.
Un vol à l’arraché...
Après undécollage d’une rare intensité, le petit Renard sujet au mal de l’air rouvre les paupières et voit son monde en perpendiculaire. De quoi prendre un peu plus peur encore... Il raconte au micro du Tout Petit Griotte :
"J’étais pris d’étourdissements, et très engourdi aussi, comme si subitement je me réveillais d’un mauvais rêve. D’ailleurs je croyais être encore dans un cauchemar quand j’ai réalisé qu’il n’y avait pas d'aile dans mon hublot. Et j’ai beaucoup paniqué ! Mon premier réflexe fût de jeter un œil de l’autre côté mais il n’y avait pas de lumière... Et personne d’autre que moi dans cette cabine ! Et pendant ce temps, la surface de la Terre s’éloignait, s’éloignait et s’éloignait toujours plus vite, comme si nous quittions la planète..."
Dans le tourbillon, le rusé Renard vérifie son billet mais s’écorche les yeux en découvrant que le titre de transport est un billet... De fusée !
Deux heures d'attente en salle d'embarquement, y’a pas à dire... L’avion, ça fait rêver les renards !